Mes lectures

Les milles vies que j’ai vécues… à travers mes lectures.
J’ai beaucoup lu. J’ai probablement gardé une trace de toutes ces aventures, ces découvertes, ces joies, ces interrogations, ces péripéties… mais il m’arrive parfois d’oublier – d’où l’intérêt de commencer cette liste.

2017

  • La Fille-Sortilège de Marie Pavlenko: un roman de fantasy correct mais sans plus. L’histoire est assez bien ficelée et les personnages intéressants et complexes, mais j’aurais probablement plus apprécié si j’avais eu 20 ans: plutôt pour un public “young adult” donc.

  • The Three-Body Problem, de Cixin Liu: un prix hugo et un roman assez curieux (le premier d’une trilogie). Plusieurs concepts sont intéressants, comme celui du jeu avec interface haptique, la place de la science fondamentale (et des dimensions supérieures à 4), les rebondissements de l’histoire (et de l’Histoire!), mais j’ai eu du mal à accrocher au style et à certains aspects des personnages (place de la famille par exemple). Je me demande si cela est dû au fait qu’une part de la culture chinoise m’est simplement imperméable.

  • Le Vivant, d’Anna Starobinets: un chef d’oeuvre, que je place à côté des grands classiques comme “Le meilleur des mondes”ou “1984”. La structure est d’ailleurs assez semblable, avec un héros hors-société qui fait basculer cette dernière. Starobinets développe notamment deux aspects très actuels (ou en passe de le devenir) de notre monde:
  1. La notion de “strates” avec la première strates qui représente la vie “réelle” et la seconde, qui correspond à notre interaction quotidienne avec le réseau (email, forum de discussion, lecture sur le Net…). Il y a aussi des strates plus profondes permises par l’interface homme-machine directe dont bénéficient les membres de cette société. La narration jongle habilement entre la première et la deuxième strate et c’est l’exemple le plus aboutit que je connaisse en littérature qui décrit notre réalité multi-niveau d’aujourd’hui.
  2. Le deuxième sujet est le traitement de la vieillesse (on est plutôt dans l’anticipation de ce côté-ci, mais c’est un bon exemple des interrogations existentielles qui traversent en bas-fond notre monde d’aujourd’hui. La question est: quand cela montera-t-il à la surface?): dans ce livre, la société est limitée à 3 milliard d’individus éternels. Lorsqu’ils atteignent un certain âge, les gens se présentent d’eux même en Zone de pause, où ils feront une pause de “Cinq Secondes de Ténèbres” avant de se réincarner dans le corps d’un foetus en gestation. “La mort n’existe pas!” est un leitmotive récurrent de cette société qui ne gardent que les jeunes individus. Ou bien?

Mon seul regret (tout comme pour Seveneves d’ailleurs), c’est l’évocation de la persistance de la religion chrétienne. D’une part, cela suppose que le fait religieux soit inhérent à l’humain (ce qu’en tant qu’athée je conteste) et d’autre part, c’est dommage que la religion invoquée par ces auteurs utilise systématiquement les symboles du christianisme comme la trinité (ils font preuves de tant d’imagination par ailleurs que je ne peux y voir qu’un choix idéologique).

  • Chien du heaume, de Justine Niogret: un petit roman qu’on ne peut qualifier de Fantasy car la magie en est absente, mais qui devrait plaire aux amateurs du genre tant il y ressemble fortement. Le style est unique, un mélange d’une prose par aspect poétique et en même temps très érudie et détaillée. Une auteur à suivre, en espérant aussi qu’elle nous fasse un jour bénéficier de son autre style, croquant et humoristique, que l’on découvre dans le lexique final.
  • Reproduction interdite, de Jean-Michel Truong. Encore de la bonne science-fiction française, ou plutôt d’anticipation. Où l’on découvre jusqu’où le génie génétique peut mener. Ce livre a été publié en 1989 et est plus que jamais d’actualité (l’édition de 2015 a été revue par Truong). Il s’agit d’une enquête policière autour d’une entreprise de production de clones (d’habitude, je n’aime pas le genre policier, mais là, je l’ai lu en trois jours tant j’ai été prise dans l’histoire). La lecture de ce livre alliée à une récente écoute d’un podcast de Freakonomist avec Jennifer Doudna, l’inventrice de la technique CRISPR qui permet d’éditer les gènes de façon ciblée (Evolution Accelerated), m’a fait réaliser qu’il est fort possible que Lottie et Ozzy soient les derniers enfants de ma lignée à naître au monde sans modification génétique (rendez-vous dans 30 ans pour en discuter).
  • Anamnèse de Lady Star, de L.L. Kloetzer: un livre qui se passe dans un futur proche, autour d’une femme mystérieuse associée au plus grand attentat de tous les temps, des suites duquel ont disparus les trois quarts de la population mondiale. Un livre qui démontre le talent de son auteur, qui varie son style en fonction du protagoniste dont est racontée l’histoire, et qui ne prend pas le lecteur par la main. Le texte est par moment très poétique, de la belle science-fiction française qui m’a donné envie de lire plus d’ouvrages de Kloetzer.
  • Seveneves, de Neal Stephenson. Autant je n’avais pas aimé l’avant-dernier Stepheson (Reamde), autant j’ai adoré Seveneves. C’est en fait trois livres en un, l’histoire de l’humanité qui s’organise pour survivre après l’explosion de la Lune (qui engendre une “pluie chaude” sur la Terre éradiquant toute vie). Il y a beaucoup de technologie spatiale, une belle part réservée aux personnages féminins, et on assiste à la naissance d’une nouvelle civilisation humaine (rien que ça!). J’ai été un peu laissée sur ma faim par la dernière partie, espérons que Neal Stephenson nous réserve une bonne surprise et continuera à exploiter l’univers qu’il a créé.
  • L’homme aux semelles de foudre, d’Ayerdhal (le Neal Stephenson français). Plus un thriller qu’un roman de SF, il reste quand même très bien et fort intéressant. J’aime la façon dont Ayerdhal traite de l’équilibre mondiale actuel à travers plusieurs de ses livres.
  • Les poissons ne connaissent pas l’adultère, de Carl Aderhold. Un petit livre gagné grâce au blog La Sardine de Californie (merci Lucie Cali!), sur une femme d’un milieu populaire en pleine crise de la quarantaine, propulsée dans un milieu universitaire à l’occasion d’un voyage en train. A destination d’un public féminin, de la “chick lit” vite lue version française.
  • Ship Breaker, de Paolo Bacigalupi. A lire avant The Drowned Cities, contrairement à ce que j’ai fait.
  • The Drowned Cities, de Paolo Bacigalupi. Moins bien que The Windup Girl, on sent que le public visé est les jeunes adultes. Du coup, le monde est intéssant et l’histoire super, mais je suis un peu restée sur ma faim. Une frustration qui me rappelle ce que j’avais ressenti en refermant Niourk… J’espère qu’on recroissera le personnage de Tool dans un futur roman de Bacigalupi!
2016
  • When in French: Love in a Second Language, de Lauren Collins. “Language, as much as land, is a place. To be cut off from it is to be, in a sense, homeless.”
  • Véridienne, Récits du Demi-Loup II, de Chloé Chevalier.
  • Experimenting with Babies, de Shaun Gallagher
  • Eternity Incorporated, de Raphaël Granier de Cassagnac
  • Quicksand, de John Brunner
  • The Woman who stole my Life, de Marian Keyes. Une lecture d’été pour nana (de la “chick lit” à l’état pur). Je suis fidèle à Marian Keyes car la lecture de Watermelon et des autres aventures des soeurs Walsch m’avait fait progresser en anglais de façon sympathique. Mais il faut dire j’avais 20 ans… soit le style de Keyes s’essouffle, soit c’est moi qui ait changé. Bref, je ne suis plus aussi enthousiaste qu’avant.
  • Bringing Up Bébé, de Pamela Bruckerman. Une relecture après 3 ans, avec un peu plus de recul maintenant que je suis déjà maman et que j’ai vu comment les choses se passent de ce côté-ci de l’Atlantique. Du coup, je suis un peu plus critique sur le livre, mais il reste quand même très bien et à conseiller à tout nouveau parent!
  • Vivre la pensée Montessori à la maison, d’Emmanuelle Opezzo. Peut-être est-ce parce que j’ai déjà lu pas mal de choses sur l’éducation Montessori, mais je pense que c’est un livre dont on peut se passer si l’on s’intéresse au sujet par ailleurs.
  • Vivre heureux avec son enfant, de Catherine Gueguen. La “suite” du livre ci-dessous, un peu moins axé sur les phénomènes biologiques, et davantage sur les cas pratiques (les repas, le sommeil etc). Les deux livres se complètent bien, mais à choisir, je (re)lirais celui-ci. Un bon rappel pour l’éducation bienveillante et empathique avec les enfants, même s’il y a toujours un “point mort” dans les conseils du type: “bien sûr, il ne s’agit pas de céder”, auxquels on a envie de répondre: “mais encore???”
  • Véridienne, Récits du Demi-Loup I, de Chloé Chevalier. Un premier roman, j’hésite à dire de fantasy car si le monde est moyenâgeux, il n’y a pas de magie, ce qui est un peu dommage à mon goût. L’histoire est pas mal, quoique j’eusse aimé un peu moins d’histoire de filles et un peu plus d’actions… Il faut voir comment les personnages et le monde évoluent dans les prochains opus.
  • Pour une enfance heureuse: repenser l’éducation à la lumière des dernières découvertes sur le cerveau, de Catherine Gueguen. J’ai acheté ce bouquin car il parait que c’est un des rares auteurs à citer ses sources (des articles scientifiques notamment). Un beau plaidoyer pour une éducation bienveillante, sans violence physique ou psychologique. Où l’on apprend comment le vécu et les mécanismes biologiques interagissent les uns avec les autres. J’aurais aimer avoir un peu plus de nuances, mais je pense que les études qui les apporteraient n’existent tout simplement pas. De façon un peu triste, les résultats cités sont en très grande majorité issus des universités américaines. Du coup, je me demande quel est l’état de la recherche en France.
  • The Girl on the Train, de Paula Hawkins. Un thriller pour nanas. Pas de la grande littérature, mais suffisamment efficace pour me tenir en haleine jusqu’à 3 heures du matin.
  • Les futurs mystères de Paris, 3 (L’odyssée de l’espèce), de Roland C. Wagner. Où l’on en apprend un peu plus sur la période charnière de la Grande Terreur.
  • The Wise Man’s Fear, toujours de Patrick Rothfuss. Le deuxième épisode de la trilogie The Kingkiller Chronicles, j’attends la suite avec impatience!
  • The Name of the Wind, de Patrick Rothfuss. De la très bonne fantasy, avec une écriture agréable et une histoire prenante. Certes pas au niveau d’une épopée comme GoT, car il y manque les multiples points de vues, mais je conseille fortement pour les amateurs du genre. Le système de magie est sympa, ainsi que le côté “Harry Potter” pour les grands.
  • Les futurs mystères de Paris, 2 (Les ravisseurs quantiques), de Roland C. Wagner. Le deuxième opus de la grande série de Wagner, qui suit les aventures d’un détective privé un peu particulier dans un Paris des années 2040. On retrouve la qualité d’écriture de Wagner, sur fond d’intrigue policière saupoudrée de fantasy/science-fiction (à moins que ce ne soit l’inverse).
  • Aventuriers des Etoiles, de Roland C. Wagner. Deux petites épopées de science-fiction à la Star Wars, dans un univers très riche. Du Space Opera classique, mais efficace et agréable à lire.
  • Pax Americana, de Roland C. Wagner. Un écrivain de SF français que j’ai découvert l’année dernière (il n’est pourtant pas né de la dernière pluie), et dont j’aime bien le style léger.
  • The rediscovery of Man, the complete short science fiction of Cordwainer Smith (en français, Les Seigneurs de l’Instrumentalité, un ensemble de nouvelles injustement méconnues. De la grande SF américaine!)