Mes lectures

Les milles vies que j’ai vécues… à travers mes lectures.
J’ai beaucoup lu. J’ai probablement gardé une trace de toutes ces aventures, ces découvertes, ces joies, ces interrogations, ces péripéties… mais il m’arrive parfois d’oublier – d’où l’intérêt de commencer cette liste.

2018

 Ecotopia, d’Ernest Callenbach (disponible en français sous le titre Écotopia).

Altered Carbon de Richard K. Morgan (Carbone modifié en français): un thriller noir dans un univers de science-fiction où l’on peut numériser sa conscience et passer d’un corps à l’autre. J’ai lu le livre pour savoir si je voulais regarder la série et j’avoue que si j’ai encore des doutes, le livre lui-même ne m’a pas vraiment motivée: trop de scènes de violence à mon goût, même si je dois dire que l’univers est très riche et le scénario très bien ficelée; je comprends qu’il faille bien 10 épisodes pour le retranscrire à l’écran (ceci dit, il semble que l’univers et l’histoire ont été assez simplifiés pour la série, ce qui ajouterait à ma déception). Deux autres livres mettent en scène Takeshi Kovacs, le héro du livre, mais ils ne sont pas sur ma liste de lecture pour l’instant.

Shâhra : Les masques d’Azr’Khila, de Charlotte Bousquet. Un livre de fantasy féminine, dans un univers qui ressemble à l’Afrique du Nord avec de la magie. Je lirai certainement le deuxième tome.

Marseille 2040, de Philippe Pujol, que j’ai eu envie de lire suite à l’émission Notre système de santé va craquer en 2040. J’espérai lire un roman d’anticipation comme je les aime alors la couverture du livre était pourtant explicite: il s’agit en effet plus d’un livre enquête, d’un exercice de pensée très documenté que d’un véritable roman. Certes, il y a des personnages et une histoire qui, si elle a pu sembler bien ficelée lorsque l’auteur en a couché les grandes lignes sur le papier, est plutôt mal transcrite dans le roman l’enquête (jusqu’au cliché parfois). Donc oui, on a affaire à un journaliste et pas à un romancier. Je pense que c’est un livre très intéressant pour ceux qui sont dans le domaine médical, y compris les politiciens, parce qu’il fait sacrément réfléchir aux mutations en cours et à venir dans ce domaine si important, que ce soit par rapport à la technologie, à la démographie ou au changement climatique. Finalement, ce que j’ai préféré au niveau du roman était la description des rapports des personnages avec leurs assistants virtuels. Un futur beaucoup trop possible à mon goût.

 

Yesterday’s Kin, encore un livre court de Nancy Kress, encore un lauréat (du prix Nebula dans la catécogie « Novella ») et encore une déception.

After the Fall, Before the Fall, During the Fall de Nancy Kress: un roman très court de science-fiction qui a eu le Prix Nebula du meilleur roman court 2012 et le prix Locus du meilleur roman court 2013. Malgré ce tableau prestigieux, j’ai été déçue par cette lecture. D’après la quatrième de couverture: « Julie and Pete are rapidly converging in time – a chance encounter between them may be the Earth’s only hope. » En fait non, ce qui fait que l’histoire a finalement un arrière-goût d’entourloupe en plus de déjà vu (sans parler des nombreux placements de marques et produits!)

This Perfect Day d’Ira Levin: lire mon avis dans le billet Ma rentrée littéraire 2018.

 

Latium (tome 2), de Romain Lucazeau. Un deuxième tome meilleur que le premier, qui explore et agrandit l’univers mis en place par Lucazeau dans le premier opus. J’espère qu’il y aura un troisième tome car il y a pas mal de portes ouvertes à explorer.

Infomocracy, de Malka Older. Un roman d’anticipation sur une partition de thriller, avec une réflexion sur le thème de la démocratie. Sur la majorité de la planète, Information, une sorte de Google qui se serait transformé en administration, gère un ensemble de micro-démocraties (on parle de centennals, des groupes  de 100 000 électeurs). Le livre commence en pleine période électorale et même si j’ai eu un peu de mal à entrer dans le monde créé par Malka Older, j’ai finalement accroché avec les personnages et ce roman s’est avéré une lecture agréable pour l’été.

 

The Index Card: Why Personal Finance Doesn’t Have to Be Complicated, écrit à deux mains par Helaine Olen et Harold Pollack. Une plongée dans les finances des ménages américains, très instructive pour qui vit aux Etats-Unis. Un livre qui méritera un post de blog pour en parler plus longuement.

 

The Tangled Lands, de  Paolo Bacigalupi  et Tobias S. Buckell. Quatre histoires qui suivent des vies dans un monde de fantasy où l’utilisation de la magie fait progresser le bramble, une plante aussi dangereuse qu’envahissante. Une métaphore troublante sur notre propre monde, dans lequel chacun de nos actes quotidiens (conduire la voiture, mettre le chauffage, acheter un cadeau à notre enfant) ajoute un peu plus de carbone dans l’atmosphère.

 

Récits du demi-loup, Tome 3 : Mers Brumeuses (Chloé Chevalier). La suite des récits du demi-loup, encore très bien écrit, on sent que Chloé Chevalier sait où elle veut aller dans son histoire. Les personnages évoluent, l’histoire progresse, je suis pressée d’avoir en main le prochain et dernier tome!

 

Toons (Les Futurs mystères de Paris, T6), de Roland C. Wagner. La suite des aventures de Temple Sacré de l’Aube Radieuse, qui ne dépare pas avec le reste de la série quant au plaisir de la lecture.

 

Latium (tome I), de Romain Lucazeau. Le premier tome d’un space opera français à la gréco-romaine. J’ai eu beaucoup de mal à entrer dans le romain, l’écriture de Romain Lucazeau étant loin de l’efficacité d’un Asimov (pourtant, je suis plutôt de ces gens fans d’antiquité gréco-romaine). Néanmoins, le monde développé par l’auteur est intéressant et la deuxième partie du livre était suffisamment prenante pour me donner envie de laisser sa chance au deuxième tome.

 

Tekrock (Les Futurs mystères de Paris, T5), de Roland C. Wagner. Encore une très bonne histoire, avec une fin surprenante (même si triste).

 

The Gardener and the Carpenter: What the New Science of Child Development Tells Us About the Relationship Between Parents and Children, d’Alison Gopnik. 

2017

  • Refuge 3/9 d’Anna Starobinets. La confirmation que l’écriture d’Anne Starobinets est décidemment très bonne. Néanmoins, j’ai beaucoup moins accroché avec l’histoire. Autant Le Vivant me semble un roman indispensable, autant on peut se passer de lire Refuge 3/9.

  • Eternity Express de Jean-Michel Truong. Un roman que j’ai dévoré très rapidement. L’écriture est efficace et l’histoire est prenante. Un livre qui reste avec le lecteur bien après la dernière page tournée.

  • Poupée aux yeux morts de Roland C. Wagner. Autant j’adore Les futurs mystères de Paris, autant j’ai eu du mal avec ce livre que j’ai trouvé très poncif. Bref, ce n’est pas un roman de Roland Wagner que je recommande, même si par ailleurs j’aime beaucoup cet auteur.

  • La Fille-Sortilège de Marie Pavlenko: un roman de fantasy correct mais sans plus. L’histoire est assez bien ficelée et les personnages intéressants et complexes, mais j’aurais probablement plus apprécié si j’avais eu 20 ans: plutôt pour un public « young adult » donc.

  • The Three-Body Problem, de Cixin Liu: un prix hugo et un roman assez curieux (le premier d’une trilogie). Plusieurs concepts sont intéressants, comme celui du jeu avec interface haptique, la place de la science fondamentale (et des dimensions supérieures à 4), les rebondissements de l’histoire (et de l’Histoire!), mais j’ai eu du mal à accrocher au style et à certains aspects des personnages (place de la famille par exemple). Je me demande si cela est dû au fait qu’une part de la culture chinoise m’est simplement imperméable.

  • Le Vivant, d’Anna Starobinets: un chef d’oeuvre, que je place à côté des grands classiques comme « Le meilleur des mondes »ou « 1984 ». La structure est d’ailleurs assez semblable, avec un héros hors-société qui fait basculer cette dernière. Starobinets développe notamment deux aspects très actuels (ou en passe de le devenir) de notre monde:
  1. La notion de « strates » avec la première strates qui représente la vie « réelle » et la seconde, qui correspond à notre interaction quotidienne avec le réseau (email, forum de discussion, lecture sur le Net…). Il y a aussi des strates plus profondes permises par l’interface homme-machine directe dont bénéficient les membres de cette société. La narration jongle habilement entre la première et la deuxième strate et c’est l’exemple le plus aboutit que je connaisse en littérature qui décrit notre réalité multi-niveau d’aujourd’hui.
  2. Le deuxième sujet est le traitement de la vieillesse (on est plutôt dans l’anticipation de ce côté-ci, mais c’est un bon exemple des interrogations existentielles qui traversent en bas-fond notre monde d’aujourd’hui. La question est: quand cela montera-t-il à la surface?): dans ce livre, la société est limitée à 3 milliard d’individus éternels. Lorsqu’ils atteignent un certain âge, les gens se présentent d’eux même en Zone de pause, où ils feront une pause de « Cinq Secondes de Ténèbres » avant de se réincarner dans le corps d’un foetus en gestation. « La mort n’existe pas! » est un leitmotive récurrent de cette société qui ne gardent que les jeunes individus. Ou bien?

Mon seul regret (tout comme pour Seveneves d’ailleurs), c’est l’évocation de la persistance de la religion chrétienne. D’une part, cela suppose que le fait religieux soit inhérent à l’humain (ce qu’en tant qu’athée je conteste) et d’autre part, c’est dommage que la religion invoquée par ces auteurs utilise systématiquement les symboles du christianisme comme la trinité (ils font preuves de tant d’imagination par ailleurs que je ne peux y voir qu’un choix idéologique).

  • Chien du heaume, de Justine Niogret: un petit roman qu’on ne peut qualifier de Fantasy car la magie en est absente, mais qui devrait plaire aux amateurs du genre tant il y ressemble fortement. Le style est unique, un mélange d’une prose par aspect poétique et en même temps très érudie et détaillée. Une auteur à suivre, en espérant aussi qu’elle nous fasse un jour bénéficier de son autre style, croquant et humoristique, que l’on découvre dans le lexique final.
  • Reproduction interdite, de Jean-Michel Truong. Encore de la bonne science-fiction française, ou plutôt d’anticipation. Où l’on découvre jusqu’où le génie génétique peut mener. Ce livre a été publié en 1989 et est plus que jamais d’actualité (l’édition de 2015 a été revue par Truong). Il s’agit d’une enquête policière autour d’une entreprise de production de clones (d’habitude, je n’aime pas le genre policier, mais là, je l’ai lu en trois jours tant j’ai été prise dans l’histoire). La lecture de ce livre alliée à une récente écoute d’un podcast de Freakonomist avec Jennifer Doudna, l’inventrice de la technique CRISPR qui permet d’éditer les gènes de façon ciblée (Evolution Accelerated), m’a fait réaliser qu’il est fort possible que Lottie et Ozzy soient les derniers enfants de ma lignée à naître au monde sans modification génétique (rendez-vous dans 30 ans pour en discuter).
  • Anamnèse de Lady Star, de L.L. Kloetzer: un livre qui se passe dans un futur proche, autour d’une femme mystérieuse associée au plus grand attentat de tous les temps, des suites duquel ont disparus les trois quarts de la population mondiale. Un livre qui démontre le talent de son auteur, qui varie son style en fonction du protagoniste dont est racontée l’histoire, et qui ne prend pas le lecteur par la main. Le texte est par moment très poétique, de la belle science-fiction française qui m’a donné envie de lire plus d’ouvrages de Kloetzer.
  • Seveneves, de Neal Stephenson. Autant je n’avais pas aimé l’avant-dernier Stepheson (Reamde), autant j’ai adoré Seveneves. C’est en fait trois livres en un, l’histoire de l’humanité qui s’organise pour survivre après l’explosion de la Lune (qui engendre une « pluie chaude » sur la Terre éradiquant toute vie). Il y a beaucoup de technologie spatiale, une belle part réservée aux personnages féminins, et on assiste à la naissance d’une nouvelle civilisation humaine (rien que ça!). J’ai été un peu laissée sur ma faim par la dernière partie, espérons que Neal Stephenson nous réserve une bonne surprise et continuera à exploiter l’univers qu’il a créé.
  • L’homme aux semelles de foudre, d’Ayerdhal (le Neal Stephenson français). Plus un thriller qu’un roman de SF, il reste quand même très bien et fort intéressant. J’aime la façon dont Ayerdhal traite de l’équilibre mondiale actuel à travers plusieurs de ses livres.
  • Les poissons ne connaissent pas l’adultère, de Carl Aderhold. Un petit livre gagné grâce au blog La Sardine de Californie (merci Lucie Cali!), sur une femme d’un milieu populaire en pleine crise de la quarantaine, propulsée dans un milieu universitaire à l’occasion d’un voyage en train. A destination d’un public féminin, de la « chick lit » vite lue version française.
  • Ship Breaker, de Paolo Bacigalupi. A lire avant The Drowned Cities, contrairement à ce que j’ai fait.
  • The Drowned Cities, de Paolo Bacigalupi. Moins bien que The Windup Girl, on sent que le public visé est les jeunes adultes. Du coup, le monde est intéssant et l’histoire super, mais je suis un peu restée sur ma faim. Une frustration qui me rappelle ce que j’avais ressenti en refermant Niourk… J’espère qu’on recroissera le personnage de Tool dans un futur roman de Bacigalupi!
2016
  • When in French: Love in a Second Language, de Lauren Collins. « Language, as much as land, is a place. To be cut off from it is to be, in a sense, homeless. »
  • Véridienne, Récits du Demi-Loup II, de Chloé Chevalier.
  • Experimenting with Babies, de Shaun Gallagher
  • Eternity Incorporated, de Raphaël Granier de Cassagnac
  • Quicksand, de John Brunner
  • The Woman who stole my Life, de Marian Keyes. Une lecture d’été pour nana (de la « chick lit » à l’état pur). Je suis fidèle à Marian Keyes car la lecture de Watermelon et des autres aventures des soeurs Walsch m’avait fait progresser en anglais de façon sympathique. Mais il faut dire j’avais 20 ans… soit le style de Keyes s’essouffle, soit c’est moi qui ait changé. Bref, je ne suis plus aussi enthousiaste qu’avant.
  • Bringing Up Bébé, de Pamela Bruckerman. Une relecture après 3 ans, avec un peu plus de recul maintenant que je suis déjà maman et que j’ai vu comment les choses se passent de ce côté-ci de l’Atlantique. Du coup, je suis un peu plus critique sur le livre, mais il reste quand même très bien et à conseiller à tout nouveau parent!
  • Vivre la pensée Montessori à la maison, d’Emmanuelle Opezzo. Peut-être est-ce parce que j’ai déjà lu pas mal de choses sur l’éducation Montessori, mais je pense que c’est un livre dont on peut se passer si l’on s’intéresse au sujet par ailleurs.
  • Vivre heureux avec son enfant, de Catherine Gueguen. La « suite » du livre ci-dessous, un peu moins axé sur les phénomènes biologiques, et davantage sur les cas pratiques (les repas, le sommeil etc). Les deux livres se complètent bien, mais à choisir, je (re)lirais celui-ci. Un bon rappel pour l’éducation bienveillante et empathique avec les enfants, même s’il y a toujours un « point mort » dans les conseils du type: « bien sûr, il ne s’agit pas de céder », auxquels on a envie de répondre: « mais encore??? »
  • Véridienne, Récits du Demi-Loup I, de Chloé Chevalier. Un premier roman, j’hésite à dire de fantasy car si le monde est moyenâgeux, il n’y a pas de magie, ce qui est un peu dommage à mon goût. L’histoire est pas mal, quoique j’eusse aimé un peu moins d’histoire de filles et un peu plus d’actions… Il faut voir comment les personnages et le monde évoluent dans les prochains opus.
  • Pour une enfance heureuse: repenser l’éducation à la lumière des dernières découvertes sur le cerveau, de Catherine Gueguen. J’ai acheté ce bouquin car il parait que c’est un des rares auteurs à citer ses sources (des articles scientifiques notamment). Un beau plaidoyer pour une éducation bienveillante, sans violence physique ou psychologique. Où l’on apprend comment le vécu et les mécanismes biologiques interagissent les uns avec les autres. J’aurais aimer avoir un peu plus de nuances, mais je pense que les études qui les apporteraient n’existent tout simplement pas. De façon un peu triste, les résultats cités sont en très grande majorité issus des universités américaines. Du coup, je me demande quel est l’état de la recherche en France.
  • The Girl on the Train, de Paula Hawkins. Un thriller pour nanas. Pas de la grande littérature, mais suffisamment efficace pour me tenir en haleine jusqu’à 3 heures du matin.
  • Les futurs mystères de Paris, 3 (L’odyssée de l’espèce), de Roland C. Wagner. Où l’on en apprend un peu plus sur la période charnière de la Grande Terreur.
  • The Wise Man’s Fear, toujours de Patrick Rothfuss. Le deuxième épisode de la trilogie The Kingkiller Chronicles, j’attends la suite avec impatience!
  • The Name of the Wind, de Patrick Rothfuss. De la très bonne fantasy, avec une écriture agréable et une histoire prenante. Certes pas au niveau d’une épopée comme GoT, car il y manque les multiples points de vues, mais je conseille fortement pour les amateurs du genre. Le système de magie est sympa, ainsi que le côté « Harry Potter » pour les grands.
  • Les futurs mystères de Paris, 2 (Les ravisseurs quantiques), de Roland C. Wagner. Le deuxième opus de la grande série de Wagner, qui suit les aventures d’un détective privé un peu particulier dans un Paris des années 2040. On retrouve la qualité d’écriture de Wagner, sur fond d’intrigue policière saupoudrée de fantasy/science-fiction (à moins que ce ne soit l’inverse).
  • Aventuriers des Etoiles, de Roland C. Wagner. Deux petites épopées de science-fiction à la Star Wars, dans un univers très riche. Du Space Opera classique, mais efficace et agréable à lire.
  • Pax Americana, de Roland C. Wagner. Un écrivain de SF français que j’ai découvert l’année dernière (il n’est pourtant pas né de la dernière pluie), et dont j’aime bien le style léger.
  • The rediscovery of Man, the complete short science fiction of Cordwainer Smith (en français, Les Seigneurs de l’Instrumentalité, un ensemble de nouvelles injustement méconnues. De la grande SF américaine!)
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