Les questions morales à 3 ans

Lottie va avoir 3 ans dans quelques jours, et me voilà déjà confrontée à des dilemmes éducatifs philosophico-moraux… Quelques exemples :

  • Je m’efforce de lui expliquer que tuer les animaux, ce n’est pas bien. Oui mais… quand je vois un insecte dans la maison, les choses sont différentes : s’ils ne me font pas trop peur, genre fourmi, je les remets gentiment dehors, mais pour les araignées et autres scolopendres (le mot est plus facile à retenir en anglais : centipedes) c’est plutôt l’aspirateur, ma chaussure ou la tapette à mouches qui servent… du coup, comment lui expliquer de respecter la vie quand moi-même je ne le fais pas systématiquement ?

stop-killing-the-whales

Ne pas tuer les baleines, c’est facile, mais quid de l’extermination des moustiques grâce au génie génétique ?

  • Lors d’une sortie au parc, nous passons devant un terrain de sport où des ados jouent au basket. L’un d’eux est torse-nu. Lottie me dit « non non non, il ne faut pas être tout nu ! » Comment lui dire qu’il est approprié pour les garçons de montrer leur poitrine en public, mais pas pour les filles ? Ou alors qu’elles le peuvent, mais à la plage ou dans certains Etats (pas mal en fait – c’est donc surtout une histoire de pudeur/pudibonderie intériorisée…) Comment justifier moralement la différence entre les femmes et les hommes? (« Alors tu vois, ma chérie, le sein est un endroit du corps féminin fortement associé au désir sexuel, et la tradition (?) veut que l’on réserve ses apparitions aux moments d’intimité.») Je pense que je vais l’inscrire à un cours sur la construction sociale du genre…

perplexe

Ma réaction devant certaines questions et remarques de Lottie

  • L’histoire de la petite poule rousse : vous savez, cette histoire où la petite poule rousse fait un gâteau ou du pain, et demande de l’aide à chaque étape. Ses amis lui refusent toujours (« Qui veut m’aider à moudre le blé ? » « Pas moi ! » « Pas moi ! »), mais lorsque le gâteau est prêt et que la petite poule rousse demande « qui veut manger le gâteau ? », tout le monde répond « moi ! ». Bien sûr, la petite poule rousse refuse de partager son gâteau avec ceux qui bénéficieraient gratuitement des fruits de son travail, et c’est la morale de l’histoire (= il faut aider les gens pour avoir quelque chose en retour. Ou une façon plus positive de voir les choses : quand on aide les gens, on a quelque chose en retour). La réaction de Lottie : « Non non non, il faut partager ! La petite poule rousse est méchante ! Les autres ont besoin de manger aussi ! » Ah oui, c’est vrai qu’on la bassine avec le partage en ce moment. Pour le coup, je suis assez d’accord avec elle, il faut mieux apprendre à aider les gens sans rien attendre en retour. C’est qu’elle n’est pas très chrétienne cette petite poule rousse…

pizza-sharing

Je ne t’ai pas aidée à faire cette pizza, mais est-ce que tu la partages quand même ? « Pas moi ! » répond la petite poule rousse.

Rendez-vous sur Hellocoton !

Please follow and like us:
Spread the love

2
Poster un Commentaire

avatar
2 Comment threads
0 Thread replies
0 Followers
 
Most reacted comment
Hottest comment thread
2 Comment authors
CochonouLaurent Recent comment authors
  Subscribe  
plus récents plus anciens plus de votes
Me notifier des
Laurent
Invité

Je crois qu’il est temps de lui parler des différents niveaux de complexité du système nerveux pour justifier l’éradication des moustiques. Ou introduire une morale utilitariste.

Cochonou
Invité
Cochonou

Ou alors, il est temps de et de vivre en harmonie avec sa philosophie ! Et de se laisser piquer joyeusement par les moustiques.
Ou si l’on est plus pernicieux, il est envisageable de sous-traiter ces activités d’éradication (de la même manière que l’on ne pas tuer sa vache quand on mange un steak):
– Truffer la maison de plantes carnivores en tout genre
– Réhabiliter les araignées, qui se feront un plaisir de festoyer avec les moustiques. Et ça permettra d’avoir une discussion encore plus intéressante avec Charlotte sur le thème: "mais non, X et Y ne sont pas méchants, il faut juste qu’ils mangent…" Vivement le débat sur le droit à l’avortement 🙂