4 leçons de géographie en école Montessori

La semaine dernière, nous avons eu la chance de passer une heure d’observation dans l’école Montessori de Lottie (comme je l’explique dans ce billet, cette méthode pédagogique est assez répandue aux Etats-Unis avec, proportionnellement à la population, quatre fois plus d’écoles Montessori qu’en France). A travers cette expérience et grâce au travail que Lottie ramène à la maison, nous voyons la façon dont elle acquiert petit à petit des notions de géographie :

1. Apprendre les bases: la terre, la Terre (l’anglais fait la distinction), l’eau et l’air (bien que cette représentation-là de l’air me fait plutôt penser à la notion d’éther dans l’antiquité…) Mine de rien, par le coloriage, Lottie commence à se familiariser avec les notions de base: une planète ronde, des continents entourés d’eau, leur forme… Remarquez aussi que les mots sont écrits en pointillé, pour que l’enfant repasse sur les lettres.

Geography 101

2. Se situer dans l’univers: les tasses gigognes, qui me situe “moi” dans “l’univers”. C’est un travail Montessori assez simple et facile à réaliser à la maison (ce que j’ai fait pour prendre la photo ci-dessous, mais je n’avais pas assez de tasses). Il permet à l’enfant d’appréhender sa place dans l’environnement et de voir comment le monde autour de lui est organisé. Derrière chaque tasse (ou gobelet ou cube) se trouve un petit dessin et le mot associé : moi – mon école – la rue – la ville – l’Etat – le pays – le continent – la Terre – Le système solaire – la Voie Lactée – l’Univers (il faut donc entre 10 et 11 tasses en fonction de ce que l’on veut inclure dans la série). Les mots doivent être aussi spécifiques que possible, avec le nom exact de l’école, de la rue etc. A travers les tasses gigognes, l’enfant a une notion tactile de la place de chaque composant (la rue est “contenue” dans la ville, la ville dans l’Etat…), et il peut également construire une tour qui montre qu’il est supporté par son environnement. Bref, c’est bête comme choux, mais très profond à l’échelle d’un petit enfant !

Les tasses gigognes géographiques: « Moi, petit enfant, je m’inscris dans un monde organisé.»

3. Mettre à profit la multiculturalité des élèves et du calendrier: plusieurs nationalités sont représentées dans l’école de Lottie (j’en parle ici), et les parents viennent régulièrement faire des présentations de leurs pays (pour ma part, je n’ai pour l’instant fait qu’envoyer une carte postale de Lottie devant la Tour Eiffel lorsqu’on était en France). Ce sont ne sont pas des informations très compliquées, mais j’ai quand même appris des choses (quoi, c’est le Soudan qui a le plus de pyramides au monde ?) Du coup, il faut vite que j’aille présenter la France pour dire que le Mont Blanc se trouve en France avant qu’un Italien ne vienne dire le contraire!

Les enfants font également beaucoup d’activités en fonction du calendrier, avec par exemple au mois de mars la Saint Patrick pour laquelle ils ont parlé de l’Irlande. On peut citer aussi le nouvel an chinois, ou Cinco de Mayo, une fête mexicaine que les Américains se sont appropriée pour célébrer la culture mexico-américaine.

4. Apprendre les pays et leurs drapeaux: encore une activité qui allie coloriage et écriture, et qu’un enfant peut réaliser à son niveau (la petite fille que j’ai vu le faire savait déjà écrire le nom des pays, mais je pense que Lottie se serait contentée de colorier le drapeau). Dans le coin géographie de la classe se trouve un bloc avec les drapeaux d’un continent (ce qui permet d’en changer régulièrement : Amérique du Nord, Afrique, Europe etc). En haut des drapeaux, la maîtresse a accroché des petits papiers avec le nom du pays et des feuilles pré-remplies sont disposées dans une petite corbeille à côté. De façon autonome, l’enfant choisi un drapeau et rempli la feuille en reproduisant le drapeau, recopiant le nom du pays, et inscrivant le nom du continent (le nom du pays est fixé sur le drapeau, et le nom du continent sur le bloc. Mais si l’enfant ne peut pas encore écrire librement, la maîtresse écrit le nom au feutre fluo, et l’enfant repasse par-dessus, comme je vous l’avais montré à la fin de ce billet).

Ce sont à la fois des leçons simples et que l’on peut aborder à plusieurs niveaux (les enfants de la classe de Lottie ont entre 3 et 5 ans), et les deux premières sont facilement réalisables à la maison.

Je ne sais pas si les écoles maternelles en France permettent une même implication des parents (une période d’observation ou la possibilité de faire des exposés (pas seulement sur sa culture, mais aussi sur son travail)), mais je trouve cela vraiment chouette. Le choix d’une école maternelle (preschool) est un sujet de stress pour les parents américains, ce qui j’imagine semble insensé pour des Français qui envoient tout simplement leurs enfants à la maternelle du quartier (on parle souvent du coût prohibitif des études supérieures aux US, mais il faut savoir qu’il est en fait équivalent au coût d’envoyer son enfant en preschool!) Je lisais un article sur le choix d’une preschool aux US, et la conclusion, c’était de choisir une école dans laquelle on aurait aimé aller nous – et je dois dire que ce critère-là est bien rempli pour notre part!

Pour finir, c’est vrai qu’on se moque un peu des Américains quant à leur (manque de) connaissance géographique, mais combien de Français ont des Etats-Unis une vision très tronquée comme celle-là?

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5 Commentaires sur "4 leçons de géographie en école Montessori"

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AdA
Invité

Question qui n’intéressera que moi, désolée d’avance : c’est à Glen que vous envoyez votre fille ? Vous en pensez quoi ?

Cochonou
Invité

Par curiosité, qu’est ce qui est spécifiquement Montessori là-dedans ?
Ayant un peu suivi tes billets… j’ai l’impression que l’alliance couleur-taille-concept-emboitement des tasses était très “Montessori”.
L’implication des parents, l’autonomie accrue, il me semble qu’on rencontre également ça chez Steiner ou Freinet (pour ce que j’en connais… c’est à dire très peu…)

lars
Membre

Une autre caractéristique Montessori (qui n’est pas systématiquement présente) est la possibilité pour l’élève de s’auto-corriger après son travail.

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