4 mois de Trump #1: Soutenir les associations

Pour le 20th in America de ce mois-ci, le sujet proposé par Isabelle était « 4 mois de Trump : quelle est la grande cause aux Etats-Unis que vous voudriez défendre ?? » Voilà un vaste sujet ! Si vaste qu’il m’est apparu comme une montagne difficile à gravir, ce qui explique que je publie ce billet seulement maintenant. Ces billets en fait, car au fur et à mesure que j’écrivais, je me suis rendue compte que je vous pondais une grosse tartine et j’ai divisé mon texte en trois parties : « 1. Soutenir les associations  » , « 2. Choisir ses engagements  » et enfin « 3. Derrière les nuages » . Il y a tellement de choses à lire, à comprendre, à approfondir… Cette série n’est qu’un tout petit point d’un tableau impressionniste. Pour voir la scène finale, il faut beaucoup se documenter, considérer plusieurs points de vue et également laisser du temps au temps. Prendre de la distance avec l’actualité toute chaude et si tentante, et se dire que nous verrons les répercussions de cette période très spéciale dans l’histoire de l’Amérique encore plusieurs années/décades/siècles (je pense au réchauffement climatique!) après que Trump aura quitté la présidence.

Pour commencer, notre première réaction devant les résultats de cette élection a été d’augmenter nos dons aux associations qui défendent les valeurs qui nous tiennent à cœur. Comme je l’explique dans ce billet, les Américains font beaucoup de dons aux Etats-Unis. Nous avons mis plusieurs années à nous en rendre compte et à changer nos réflexes vis-à-vis de cela. Je donnais déjà un peu en France, mais nous sommes passés à la vitesse supérieure depuis que nous vivons aux Etats-Unis – même si nous n’atteignons pas encore le niveau moyen des Américains qui se situe à environ 3000 dollars par an (j’ai du mal à trouver le chiffre médian, voir le petit aparté pour les gens que ça intéresse en fin de billet). Voilà les associations que nous supportons plus particulièrement depuis l’élection (celles qui sont le plus en relation avec les controverses soulevées par l’administration Trump):

  • Planned Parenthood, ainsi que le fond politique de l’association, Planned Parenthood Action Fund. Il s’agit de la plus grosse association qui joue le rôle du planning familial aux États-Unis, avec tout un tas de service aux femmes comme le dépistage du HIV, des MST et de certains cancers, l’éducation sexuelle, l’accompagnement lors d’une grossesse ou encore l’accès à la contraception et à l’avortement. Il y a beaucoup de choses à dire sur le droit à l’avortement aux Etats-Unis, alors je ne m’étends pas plus sur le sujet ici, je vais faire un post dédié dessus. Il y a une distinction entre l’association elle-même et son fond politique (en gros les lobbyistes qui travaillent à Washington), car l’argent n’est bien sûr pas utilisé de la même manière. C’est important pour moi de supporter le travail de l’association, mais aussi la défense de son action auprès de l’Etat fédéral (les dons à l’association sont tax-deductible (on peut les déduire de son assiette d’impôt) tandis que ceux au fond politique ne le sont pas).

  • Je donne également régulièrement à Amnesty International (j’étais déjà membre en France et active dans un groupe local), car si j’ai des doutes sur certaines positions politiques ou économiques, je n’en n’ai pas sur la valeur et l’importance de défendre les droits humains tels qu’ils sont présentés dans la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme. Amnesty s’est par exemple opposée au fameux décret qui interdisait l’entrée aux États-Unis des ressortissants de sept pays à majorité musulmane, et l’association milite pour l’accueil et la défense des réfugiés sur le territoire américain. Dans la même veine, nous donnons également à l’ACLU (American Civil Liberties Union), qui défend les droits et libertés garanties par les lois et la Constitution Américaine.

 

  • Mon informaticien de mari donne depuis longtemps à l’EFF (Electronic Frontier Fondation), une association qui défend les droits des internautes: vie privée, liberté d’expression et innovation. L’EFF se bat pour défendre la neutralité du réseau (c’est-à-dire la garantie que tous les flux de données sur Internet soient traités de manière égale – parce exemple et en pratique, la page de mon blog se charge à la même vitesse pour vous que la pub Coca-Cola du site que vous avez été voir précédemment), et elle s’est opposée à la nouvelle loi (votée en mars et signée par Trump en avril) annulant des règles de la Federal Communications Commission (l’organisme régulateur des télécommunications aux États-Unis) visant à empêcher les fournisseurs d’accès à Internet de vendre et d’exploiter les données de leur abonnés (lire ici) (ces règles avaient été votées en octobre 2016 et auraient dû entrer en vigueur cette année.)

  • En tant qu’athée (ici, j’ai plutôt tendance à dire « humaniste séculaire », ça passe d’autant mieux que peu de gens savent ce que cela veut dire), je suis également très soucieuse du regain de vitalité de la droite religieuse conservatrice. Je viens d’adhérer au Center for Inquiry (mon mari en est membre depuis plusieurs années), une association qui promeut une société séculaire basée sur la science, la raison, la liberté d’investiguer (inquiry en anglais) et des valeurs humanistes. Un jour (pas maintenant, j’ai encore besoin d’approfondir les choses) je vous parlerai du fait d’être athée aux Etats-Unis. Nous supportons également Americans United for Separation of Church and Stated (AU), dont le nom est suffisamment explicite, même si l’influence du religieux sur le politique a des ramifications beaucoup plus longues que ce que l’on pourrait penser de prime abord (éducation, mariage, droits reproductifs, discrimination…).

   

Il y a d’autres associations qui me semblent intéressantes mais il faut encore que je prenne le temps de regarder en détail leurs actions : par exemple Naral Pro-Choice America (défense de l’avortement) ou encore Healthcare-NOW, qui défend l’idée d’une protection sociale universelle. Ceci dit, il faut bien admettre que nous ne pouvons pas donner à toutes les associations non plus.

Pour conclure cette première partie, et même s’il ne s’agit pas d’une association, j’ai également choisi de conserver mon abonnement numérique au New York Times. J’étais vraiment fâchée avec la façon dont ils avaient couvert l’élection, même si beaucoup de cette colère était aussi dirigée contre moi (« Ha ha, tu te crois maligne parce que tu lis le NYT? Mais ma pauvre fille, l’Amérique profonde t’a roulée dans la farine! »). J’ai voulu arrêter mon abonnement mais c’était une époque où le journal était sous le feu de Trump et je ne pouvais tout simplement pas leur faire perdre une abonnée. Maintenant, cela va mieux pour eux (ils ont gagné plus de 300 000 abonnés numériques au premier trimestre 2017), mais j’ai l’impression qu’ils ne font pas vraiment d’efforts pour sortir de leur bulle démocrate/progressive. Du coup, je vais peut-être rediriger cette somme mensuelle ailleurs (au passage, j’ai l’impression que les articles du Monde.fr sont plus intéressants ces temps-ci, je ne sais pas si c’est un effet des élections, une fausse idée de ma part ou un effort réel de la rédaction…) In fine, il s’agit d’un choix d’investissement : « Donne-moi tes relevés bancaires et je te dirais qui tu es… » (Ou pas. Heureusement.)

Aparté sur le niveau des dons aux Etats-Unis :

Si l’on peut trouver des chiffres sur les dons moyens aux Etats-Unis, j’ai du mal à trouver un chiffre médian, beaucoup plus parlant je trouve. Par contre, je suis tombée sur les données de l’IRS suivantes (j’ai utilisé ce fichier mais je me suis limitée à $500 k sur les revenus), que je trouve très instructives pour les français résidants aux Etats-Unis : il s’agit de la moyenne des dons déclarés sur les impôts (« cash contribution » lorsque vous individualisez vos déductions). Comme il s’agit des données pour les personnes qui individualisent (itemize en anglais) plutôt que de prendre la contribution standard, cela ne concerne que 25% à 30% des ménages (et à mon avis, cela tend à surestimer les contributions charitables moyennes).

 

Cet article participe au défi blog « The 20th in America » initié par Laetitia de French Fries and Apple Pie et Isabelle du blog FromSide2Side.

Ce mois-ci, les participants sont:

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3 Commentaires sur "4 mois de Trump #1: Soutenir les associations"

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Poppy
Invité

Super article ! J’ai pas parlé du planned parenthood mais c’est vrai que ça rentre bien dans ma cause aussi.

Cochonou
Invité

Avec les dernières prises de position de Donald, vous allez pouvoir ajouter Greenpeace et la Sea Shepherd !

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